Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 11:41


Voici deux exercices pour vous permettre d’aller fouiller vos modèles de réponses face à la douleur.
Ces jeux sont particulièrement intéressants pour la femme qui va accoucher, mais aussi pour tous ceux qui l’entourent.
Le futur père, le médecin et l’infirmière ont, eux aussi, leur propre liste d’idées associées à la douleur, lesquelles affectent leur façon de la vivre en tant que témoin. Leur support dépend directement de leur propre attitude par rapport à la douleur; ils auront peine à la mettre de côté s’ils n’en sont pas conscients. Ainsi, l’anesthésie proposé après des heures de travail douloureux peut sembler une délivrance pour le père ou pour le personnel, s’ils se sentent, eux, à bout de ressources!


Inscrivez en grosses lettres le mot DOULEUR. Écrivez au-dessous tous les mots qui vous viennent à l’esprit quand vous pensez à ce mot. Au besoin, dites-les à haute voix. Ne vous censurez pas, ne filtrez pas. Écrivez pêle-mêle tout ce qui vous passe par la tête. Après quelques minutes ou lorsque vous êtes à court d’inspiration, relisez votre liste et essayez de sentir ce qui s’en dégage. Partager le contenu de votre liste avec votre partenaire, cela l’aidera à mieux vous comprendre et, par conséquent, à mieux vous soutenir pendant le travail.


Cette suite de mots est à l’image de vos croyances et de vos émotions au sujet de la douleur. Voyez, par exemple, les deux listes qui suivent:

Aïe

 

intense

 

J’ai peur

 

sensation forte

 

Sang

 

énergie

 

Mort

 

grandir

 

Hôpital

 

abandon

 

Accident

 

suer

 


À lire ces deux listes, on voit bien que leurs auteurs n’abordent pas la douleur avec la même attitude.
Si votre liste tourne autour de la peur, la maladie et la dépendance, prenez le temps d’explorer d’où vous viennent ces images. Permettez-vous, lors d’un prochain malaise, d’expérimenter une autre façon d’y réagir, plus ouverte peut-être, plus détendue, moins dépendante du passé.


Voici un deuxième exercice pour vous aider à identifier votre attitude par rapport à la douleur et soulager la charge émotionnelle qui peut y être rattachée.
Faites cet exercice par écrit ou parlez-en avec un ami jusqu’à ce que vous vous sentiez en paix avec les souvenirs qu’il éveille.


Rappelez-vous une situation où vous avez eu très mal. Essayez de vous remémorer le plus de détails possibles:


- Où était-ce?
- Quand et comment la douleur était-elle venue?
- Qui était autour de vous?
- Comment avez-vous manifesté votre douleur?
- Quelle a été la réaction des gens?
- Quelles émotions éprouviez-vous?
- De quoi aviez-vous besoin?
- Avez-vous demandé de l’aide? Comment?
- En avez-vous reçue? De quel ordre?
- Qu’est-ce qui vous a réconfortée, finalement?

- Refaites l’exercice pour plusieurs événements différents.

Dégagez des émotions difficiles rattachées à la douleur pendant la grossesse permet d’arriver à l’accouchement plus légère, davantage disposée au travail d’abandon, d’ouverture.

Par Nath - Publié dans : Accouchement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 11:39

À quelqu’un qui s’exclamait devant elle combien cela avait dû être épouvantable et immensément douloureux d’avoir un bébé de 10 livres, une mère a répondu en souriant:
«Ce ne sont pas les dix livres qui font mal, c’est la résistance!»


Quand l’être entier s’abandonne au processus, l’accouchement est douloureux, mais à la mesure de la femme qui accouche. Si elle résiste, peu importe où est la source de sa résistance, dans son corps, ses émotions ou sa tête, la douleur ressentie sera à la mesure de sa résistance!


Au lieu d’agir sur un col détendu, enclin à s’étirer et à céder le passage, chaque contraction devra se battre avec des muscles rigides et tendus qui s’oxygènent mal et se libèrent encore moins bien de leurs toxines; ils demeurent alors douloureux même entre les contractions, empêchant la femme de se reposer, la conduisant bientôt dans une impasse dont seule la médication ou la césarienne, semblera pouvoir la délivrer.

«Quand une douleur se manifeste dans le corps, la réaction la plus commune est de se fermer autour d’elle. Mais notre résistance, notre peur, notre appréhension de la souffrance, amplifient la douleur. C’est comme serrer le poing autour d’un charbon ardent. Plus on serre, plus on se brûle… L’objectif de contrôle de la douleur, avec l’idée que la douleur est ennemie, intensifie la souffrance, fait serrer le poing.»


On a appris à considérer la douleur comme une agression et on en a peur!
Pourtant, l’accouchement est différent: ici, la douleur n’annonce pas un danger ou une maladie, mais un extraordinaire travail créatif du corps qu’il faut apprendre à accueillir autrement, si l’on veut qu’il complète son œuvre. C’est la douleur de l’effort, et plutôt que de lui résister, il faut apprendre à dire: «Je veux ce travail, je veux que mon corps s’ouvre et laisse passer mon enfant.

Je veux faire corps avec la douleur plutôt que contre elle.»  On a la faculté de changer la résistance première en acceptation, en adaptation. L’apprentissage qui se fait pendant tout le travail est incroyable. Il permet à la femme de vivre, détendue et ouverte, des contractions qui la faisaient se raidir quelques heures ou quelques minutes plus tôt! On pourrait peut-être utiliser les petits inconforts de la fin de la grossesse pour pratiquer ce oui à la douleur, ce oui à ce qui arrive, ce oui à la vie!


Marie me rappelait récemment une simple petite phrase que je lui avais dite pendant sa grossesse: «Aime ta douleur!» Même retournée dans tous les sens, cette expression lui semblait incompréhensible. Elle lui était pourtant revenue à l’esprit en force pendant son travail, ce qui l’avait guidée. «Je n’aurais probablement jamais eu l’idée d’aimer ma douleur, si on n’en avait pas parlé, me disait-elle. C’est pas évident! Ça fait mal, et la première réaction c’est non!
Mais plus on lui dit oui, et plus c’est facile. C’est tellement une expérience d’acceptation, avoir un enfant, ça commence dès l’accouchement!»

Par Nath - Publié dans : Accouchement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 11:38


L’accouchement marque très puissamment la rupture avec la relation biologique et symbiotique entre la mère et son enfant.
C’est une initiation, un passage entre la grossesse et la maternité aussi significatif que les rites de passage qui existent dans diverses cultures, entre l’enfance et l’âge adulte par exemple.
Pour l’individu comme pour la communauté, l’initiation vient marquer le passage d’une période de la vie à une autre et stimuler, souvent de façon spectaculaire, les ressources personnelles qui seront sollicitées à l’avenir et qu’il faut mettre à l’épreuve.


Quel rapport avec la douleur?
Elle prépare ce passage.

Elle vient briser les schémas habituels de comportement, déséquilibrer la mère au moment où elle doit abandonner le statu quo de la vie courante pour plonger dans la transformation majeure que représente l’arrivée de son bébé dans sa vie.
Le partenaire présent vit, lui aussi, ce grand chambardement du corps et du cœur.



La maternité exigera mille fois d’une femme qu’elle rassemble ses forces et se surpasse, qu’elle aille puiser profondément en elle-même la confiance et le courage nécessaires pour passer à travers ce que la vie avec son enfant lui réserve.

L’accouchement, par la puissance des mécanismes physiologiques et psychiques sollicités, par l’attrait intense que représente le moment de rencontre avec le bébé qui s’en vient, est un moment charnière qui permettra à la nouvelle mère d’exprimer sa force, son endurance, sa patience, son amour pour son enfant.

Par Nath - Publié dans : Accouchement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 11:37


Toute femme enceinte pour la première fois se demande si elle va passer au travers de la douleur de l’accouchement. On a donc cherché, au fil des ans, soit à contrôler cette douleur, soit à l’endormir, soit même à la nier. Mais pourquoi faudrait-il y toucher?  Pourquoi ne pas chercher plutôt à l’apprivoiser? Au bout du compte, la meilleure façon de sortir de la douleur, c’est encore d’y entrer!


Nous vivons dans une société programmée pour fuir la douleur, une société qui croit masochiste la personne qui endure un mal de tête sans aspirine, une société qui n’a laissé qu’aux sportifs le droit d’avoir mal noblement. Même si la douleur est au cœur du quotidien de millions de gens, on a choisi d’y répondre collectivement par l’usage illimité de tonnes d’analgésiques, une solution strictement chimique et efficace à court terme seulement.


La douleur est une expérience très subjective: non seulement sa perception varie-t-elle d’une personne à l’autre, mais également d’une culture à l’autre.
Dans les sociétés dites primitives, la douleur fait partie de la vie quotidienne; celle de l’accouchement n’est donc pas perçue comme une exception.
Dans les cultures méditerranéennes, on trouve normal de crier pour la manifester, qu’elle soit grande ou légère, tandis qu’ailleurs, l’usage commande qu’on la cache soigneusement.

- Chez les Indiens de Panama, où la naissance est un événement honteux, le travail est très long et douloureux.
- Chez les Indiens Kahunas, la femme transmet la douleur à quelqu’un qui la mérite et le travail en est ainsi facilité!

Ces différentes attitudes ont un effet direct sur la façon dont les individus perçoivent la douleur.

On apprend dès la petite enfance comment réagir face à la douleur.
Dans certaines familles, on se précipite au premier cri de bébé qui a des coliques et on le cajole; ailleurs, on se dépêche de distraire l’enfant avec de la nourriture pour «effacer le bobo»; ailleurs encore, on préfère l’ignorer, malgré ses protestations. On reçoit là des messages précis qui modèlent pour longtemps notre perception de la douleur.

Les histoires d’accouchements qu’on a entendues au cours de notre vie peuvent parfois amplifier nos craintes, d’autant plus que les détails qui manquent à ces histoires sont souvent remplacés par une version imaginaire bien pire que la réalité.


On arrive donc à l’accouchement remplies d’idées préconçues.
Certains exercices peuvent nous aider à prendre conscience à quel point nos croyances et nos automatismes transforment notre façon de vivre la douleur.
Car on ne peut nier qu’elle existe.

Une recherche sur la douleur effectuée il y a quelques années à l’Université McGill de Montréal démontre, à la surprise de tous, que l’accouchement s’avère plus douloureux que les maladies habituellement reliées à une grande souffrance, le cancer par exemple, sauf qu’on n’a jamais fait la différence entre la douleur qui exprime une pathologie, un désordre de l’intérieur et celle de l’accouchement, expression normale d’un travail extraordinaire.

Par Nath - Publié dans : Accouchement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 11:33


Et si ça changeait tout?

Quand on parle de la douleur de l’accouchement, on oublie qu’on passe le plus clair du temps à ne pas avoir mal!
La plupart des contractions durent une minute; les dernières, plus intenses, durent quelquefois une minute et demie, mais les intervalles de repos durent de 2 à 5 minutes au moins.

Le corps n’est pas fou: il s’est prévu un gros travail, mais il s’est également prévu des temps de repos!
Chaque intervalle entre les contractions devrait donc être un moment de repos infini, de regénérescence. Quand on donne la vie, on doit aussi se nourrir, se remplir, à même chaque respiration, chaque regard échangé, chaque parole et chaque geste. Malheureusement, il arrive souvent qu’on reste centrée sur la contraction même quand elle est finie!


Êtes-vous prêtes à profiter de chaque seconde de paix? Sommes-nous prêts à offrir ce support à chaque femme qui accouche?

Le support

Il faut que les femmes puissent répondre spontanément aux sensations du travail. Pour accoucher comme elles le veulent, nous dit Claudia Panuthos, les femmes ont besoin:


1. d’information;
2. de liberté, d’espace et de permission pour expérimenter des choses nouvelles;
3. d’amour inconditionnel, c’est-à-dire non relié à leur «performance»;
4. de confiance dans leur capacité à relever ce défi.


La liberté d’émettre des sons est un excellent exemple de permission dont on parle.
On a souvent confondu relaxation et silence. Ou encore gémissements et panique. À l’hôpital, on interprète parfois un écart à la respiration enseignée comme un état de panique! Or, au contraire, les femmes qui peuvent s'exprimer vocalement pendant leurs contractions ont souvent plus de facilité à les vivre. Bien sûr, personne n’est obligé de gémir, mais celles qui en ressentent le besoin y trouvent un soulagement et une voie d’expression importante.


Émettre des sons aide le corps à produire ses propres remèdes à la douleur: les endorphines. Le chirurgien français bien connu Michel Odent a démontré, par son travail à Pithiviers, comment la production d’endorphines est encouragée par la pénombre, l’usage du minimum de paroles, le chuchotement, le contact de l’eau et la possibilité de faire des «bruits d’accouchement». Ces sons ressemblent étrangement à ceux produits en faisant l’amour, ce qui explique probablement le malaise de certaines personnes et leur préférence pour les femmes silencieuses qui font leurs respirations!


Le toucher est une façon extraordinaire d’aider une femme en travail. Un toucher conscient, attentif et présent, en correspondance souple avec les sensations de la femme qui accouche.
Il ne suffit pas de «faire des massages». Souvent, je chuchote au père ému et fébrile qui veut aider sa femme en la massant: «mets du calme dans tes mains». Quand les sensations sont très intenses, les femmes préfèrent parfois la présence immobile et chaude des mains plutôt qu’un mouvement de friction qui distrait ou envahit. C’est un langage qui gagne à être exploré petit à petit par les deux partenaires tout au long de la grossesse.


La visualisation est un moyen efficace quoique moins connu d’aider le travail et de favoriser la détente. Visualiser le col qui s’ouvre, au plus fort de la sensation. Appuyer son ventre contre quelqu’un et lui «envoyer» une partie de la douleur, imaginer un endroit de repos et de paix où aller se réfugier entre les contractions pour se régénérer sont autant de façons de s’harmoniser avec le travail.


La douleur agit comme un professeur, implacable et aimant, qui nous rappelle encore et encore de dépasser nos positions, d’investiguer plus profondément, de laisser l’instant présent être ce qu’il est et d’observer ce qui monte dans la plénitude du moment suivant.


La respiration a gagné ses lettres de noblesse comme moyen de support pendant l’accouchement depuis les travaux de Lamaze et de Dick-Read au début des années 50. Le principal mérite de ces méthodes est d’avoir permis la présence du père à l’accouchement (comme «coach») et le refus des anesthésies générales alors courantes.
Ces méthodes, qui sont principalement des techniques de distraction, n’ont plus vraiment leur place dans leur forme la plus stricte. Après tout, l’hypothèse de base est que sans l’application de la méthode, les femmes n’y arriveraient pas!


En fait, laissée à elle-même sans consigne spécifique, la respiration change et s’adapte tout au long du travail. Les différentes techniques de respiration, le yoga et toutes les approches qui visent à rendre la respiration plus consciente, plus pleine, plus vivifiante, sont autant d’excellentes préparations à l’accouchement… et aux autres moments de la vie où une mère a besoin de l’ensemble de ses ressources pour retrouver son calme.

Le mouvement et la liberté de bouger sont essentiels!
Quand avez-vous vu, par exemple, un film qui montrait une femme marcher pendant ses contractions pour se soulager?
Ou accoucher debout?

Les images courantes d’accouchements nous ont tellement habituées à voir les femmes confinées à leur lit, incapables de bouger, qu’on a accepté peu à peu cette immobilité imposée aux femmes sans se rendre compte qu’on multipliait d’autant la douleur ressentie. Marcher, se bercer, bouger le bassin en rotation ou autrement, s’asseoir, s’étendre, se relever et s’étirer au besoin, sont des droits fondamentaux en tout temps, et encore plus quand on accouche! Seules des indications médicales très sérieuses pourraient justifier qu’on les limite.


Avant de commencer à accompagner des femmes dans leur accouchement, j’avais une image sérieuse, dramatique, souffrante de la douleur, à l’exclusion de toute autre. L’une de mes plus grandes surprises aura été, sans doute, de rencontrer simultanément la douleur ET la joie, Et l’excitation, ET une grande paix au cœur! Je ne savais pas que la douleur pouvait cohabiter avec le bonheur! Celles qui acceptent l’expérience sont capables de se voir comme étant plus grandes que la douleur, si intense soit-elle. «Je ne suis pas que douleur», pourraient-elles dire.


Plusieurs d’entre nous n’arriveront pas à ce détachement, mais comme le disait Ina May Gaskin, «si vous n’avez pas la trempe d’une héroïne, vous pouvez au moins en rire»!  S’accepter à l’intérieur de ses limites avec humour et amour nous prépare à être parents, à accepter et à aimer l’enfant qui vient tel qu’il est.
On ne fait toujours que de son mieux! Le jugement et la comparaison ne servent qu’à blesser le cœur et à le fermer.
Mieux vaut utiliser l’expérience comme une extraordinaire occasion d’apprendre sur soi et d’avancer.


Par Nath - Publié dans : Accouchement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Le blog de Nath
  • Le blog de Nath
  • : santé grossesse allaitement naissances Parents & enfants
  • : Me voici pousser par une envie irrésistible de faire connaitre mes idées, mes désirs qui, je l'avoue volontier, ne sont pas forcément bien classiques! J'ai les normes et les quotas en horreur, c'est pour cela qu'aujourd'hui, à défaut de la plume, je prends le clavier pour faire entendre certaines choses, et faire taire les autres ! Je suis Maman de 3 enfants, né(e)s en 2000, 2001 et 2006. La famille sera complête le 28 Aout 2009, avec notre dernier petit Ange, notre invité surprise !
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus